
Les horloges comtoises
Les premières horloges comtoises ont vu le jour au
XVIIe siècle en Franche - Comté, dans le
Jura
.
Les premières gaines en sapin verni, sans décor, furent conçues dans le
canton de Morez vers
1820. Des 3000 caisses fabriquées en
1830, on passa à 36000 pièces seize ans plus tard.
Les nouveaux moyens de production développés au
19ème siècle ont facilité les travaux pour le gros oeuvre.
L'horlogerie n'employait que 300 ouvriers à temps plein, 4000 autres personnes, des paysans pour la plupart, travaillaient en dehors des fabriques, à l'ajustage, l'assemblage, la finition des rouages et des parties mécaniques, ainsi qu'à la fabrication et à la décoration des gaines d'horloge.
Le travail était réalisé à la ferme.
En
1900, plusieurs millions de comtoises ont trouvé acquéreur, et un mouvement d'horloge tel que celui-ci normalement entretenu, est capable de fonctionner pendant des siècles.
Malheureusement, quelques années plutard, d'autres productions ont gagné du terrain. Les mouvements de type
Coucou
en
bois de la forêt noire, les
pendules de Paris
les
oeils de boeuf, les
tableaux comtois
,les
pendulettes
et les
carillons
Westminster, avec un coût réduit ont fini par détrôner l'horloge comtoise.
La guerre de
1914 -1918 avait sonné le glas de l'horloge comtoise et celle de
1939-1945 signe la disparition d'une tradition.
La décoration

Contrairement aux apparences, cette technique ne consistait pas en l'enlèvement d'un verni mais, plutôt,
en l'enlèvement de plusieurs couches superposées de peinture dont la première , très épaisse, constituait la
couche d'apprêt
.
Cette couche avait un double rôle :
- Elle permettait de masquer par son opacité les veines du sapin,
- Elle offrait la possibilité de nuancer les couches colorées qui devaient la recouvrir.
Le secret qui permettait d'ôter facilement ces épaisseurs successives de peinture (soit 3 ou 4
dixièmes de millimètres) en un seul mouvement semble provenir d'une technique inventée pour la circonstance.
Il est d'ailleurs curieux de constater qu'après avoir permis la décoration de millions de gaines d'horloges, cette technique n' a jamais franchi les portes des ateliers familiaux du Jura.
Hélas, elle n' a pas pu être sauvegardée et transmise et il est à redouter qu'elle ait aujourd'hui totalement
disparue. L'explication de ce phénomène semble découler de la cessation d'activité au début de notre siècle.
Les anciens qui transmettaient oralement ce savoir n'ont pas jugé nécessaire de l'enseigner, considérant qu'il
n'avait plus de raison d'être et qu'il nécessitait, pour en maîtriser les subtilités, une pratique permanente.
Le mécanisme

Les mécanismes d'horloges comtoises dans leurs grandes majorité étaient tous fabriqués sur le même modèle :
une sorte de label éprouvé durant plusieurs siècles à l'attention du plus grand nombre.
Mais pour des demandes particulières, les artisans du Jura pouvaient faire des mouvements spéciaux dit à
complication
.
Le quantième, les phases de lunes, les sonneries multiples, automates, réveil, musique etc...
Mouvement à trois corps de rouages, Echappement à chevilles.
Balancier lyre beaucoup plus lourd et imposant que d'ordinaire à 21 branches. Ce mécanisme marque les mois, les heures, les minutes et les secondes.