Le druidisme et le polythéisme romain ont laissé à Coges des traces certaines.
C'est surtout au lieu-dit à la Garenne, indiqué par une croix de pierre, que les traditions semblent s'être accumulées.
On y voit, dit-on, des esprits follets, un chasseur chevauchant dans les airs sur un cheval blanc, un drack ou cheval sans tête, emportant les voyageurs dans l'espace.
On y apercevait quelques fois un magnifique carrosse attelé de quatre chevaux, traversant comme un éclair la prairie qui borde la seille.
Sur la voie romaine, en face de Coges, on vit souvent rassemblés une foule de grands seigneurs, de belles dames, les uns mangeant sur le gazon, d'autres faisant de la musique et conviant les bergers alentour à venir prendre part à leur fête, invitation qu'on se gardait bien d'accepter.
Les rives des nombreux étangs qui couvraient jadis le territoire de cette commune étaient peuplés de fantômes femelles appelées
Dames blanches
ou Dames vertes
.
Ces dames attiraient les voyageurs par leurs agaceries, puis les précipitaient ensuite au fond de l'eau.
Les Goules
tenaient leur sabbat au bord d'un étang qui a retenu le nom d'étang de Goût.
Les gens du pays ne manquent pas de dire encore que Coges est une ville engloutie et que chaque mare indique la place d'une maison disparue.
(Monnier et Roussel)